J'ai toujours été intrigué par le petit filet bleu noir qui se trouve au cœur du Morbier, par ce trait d'originalité qui fait sa personnalité. Je me suis toujours posé bien des questions et j'ai souvent imaginé bien des choses à son sujet, il faut dire que côté imagination…
Je me suis demandé si une tribu de mineurs miniatures, de tout tout petits, se promenaient toutes les nuits à travers les meules de Morbier et forcément un mineur ça a les pieds plein de suie et de charbon bien noir qui vient se perdre dans le fromage… Et puis je me suis dit que ce n'était pas bien possible… même en cherchant bien, il n'y a pas de traces de pas dans cette affaire là…
Alors quoi ? D'où vient cet étrange trait de charbon, qui ou quoi pouvait laisser ces traces au sein du Morbier ? Un dragon à langue furtive terriblement encalaminée ? Un pic vert de barbecue, cet étrange oiseau qui essaye de construire sa maison entre deux grillades ? Tout ça aurait pu être possible mais comme je ne savais pas quoi choisir, alors je suis parti à la rechercher de la vérité du côté du site
Le Morbier !
Et c'est là-bas que j'ai trouvé une bien étrange légende… En des temps éloignés, les paysans de Franche-Comté livraient le lait des vaches à la fruitière du village pour la fabrication du Comté.
Bien souvent, la rudesse du climat contrariait le déplacement des fermiers. Doués de bon sens, ils décidèrent de fabriquer leur propre fromage. Pour remplir les immenses meules, ils additionnèrent alors les laits de la traite du matin et de celle du soir.
Pour protéger le pain de caillé, obtenu par le lait du matin, ils déposèrent de la cendre prise « au cul du chaudron ». Le soir, ils recouvrèrent la première partie du fromage avec la deuxième traite.
C'est ainsi que le Morbier était né d'après cette bien étrange légende…
Enfin c'est ce que raconte cette légende mais je ne suis pas si sûr que le dragon…
Et comme le Morbier aiguise aussi l'imagination dans le domaine de la cuisine j'ai eu envie de mélanger les goûts et les senteurs dans une très parfumée frittata et en plus très facile à réaliser.
Frittata parfumée au Morbier, au lard fumé et à la sauge
Ingrédients : 6 œufs – 125g de Morbier – 1 douzaine de tranches très fines de poitrine fumée – 12 feuilles de sauge – 15g de beurre - sel et poivre
Mettez une poêle à feu vif et faites raidir le lard en le faisant dorer de tous les côtés.
Quand il est cuit, posez les tranches sur du papier absorbant.
Ecrasez le Morbier à la fourchette de manière à le défaire en toutes petites miettes.
Mélangez les œufs dans un saladier. Ajoutez les trois quarts du Morbier et les tranches de lard, salez légèrement et poivrez, mélangez.
Faites fondre le beurre dans une poêle à feu moyen et ajoutez-y le mélange lard-Morbier.
Parsemez sur les œufs le fromage restant et les feuilles de sauge.
Laissez sur le feu jusqu’à ce que le fond de la frittata ait pris une jolie couleur bien dorée.
Glissez alors la poêle dans un four préchauffé à 180° et laissez pendant une petite quinzaine de minutes. Servez, tout juste à la sortie du four avec une salade verte ou une salade d’herbes.
Si, vous aussi, vous aimez le Morbier n'hésitez pas à aller sur le site du Morbier où vous retrouverez plein plein de recettes de 40 blogueurs. Allez les découvrir, peut-être les goûter et les apprécier, et votez si vous le voulez, votez pour celle qui vous fera le plus saliver, pour votre recette préférée, la mienne peut-être ou peut-être une des autres présentes sur le site, suivez votre gourmandise !
Mais pourquoi, et si finalement c'était le pic vert… est-ce que je vous raconte ça…