Quand j'étais petit, je craignais comme
la peste cette question que vous posent tous ceux qui s'occupent de
votre éducation, tous ces professeurs qui m'ont supporté, et
pourtant elle est simple cette question... et qu'est-ce que tu veux
faire quand tu seras grand ?
Face cette interrogation, longtemps
longtemps même après que les culottes courtes n'étaient plus de
mise pour moi, je n'ai pas eu de réponse. Je n'étais pas vraiment
attiré par l'uniforme des pompiers qui semblait faire briller les
yeux de quelques garçons, je ne me voyais pas non plus le bistouri à
la main à farfouiller dans mes congénères comme semblaient
l'espérer certains autres et je ne me voyais pas plus annoncer à ce
professeur qui attendait, attendait ma réponse que si j'aimais
courir ce n'était pas dans l'espoir de devenir un grand sportif mais
bien de rattraper les filles... Je n'avais donc pour réponse qu'un
j'sais pas trop m'sieur, qui laissait le m'sieur en question bien
dépité.
Et puis j'ai fini par grandir sans plus
savoir ce que je ferai. Du coup je suis devenu un peu tout ce qui se
présentait, un peu au hasard, livreur, imprimeur, plombier, marchand
de bijoux fantaisie, de légumes ou de billets de bateaux,
documentaliste ou prof d'Espagnol, animateur de messagerie ou coupeur
de papier... et bien d'autres choses et même sociologue... Mais
jamais jamais je ne me suis dit à un moment ou un autre, en
pratiquant ces divers métiers, j'ai enfin trouvé ce que je
voulais faire quand je serai grand !
Et encore plus tard je me suis mis à
ne rien faire... rien ou presque comme le pensent ceux qui n'ont jamais
été femme au foyer avec trois enfants, enfin père au foyer dans
mon cas. Ne rien faire n'a jamais été un problème pour moi, même
si quand je dis aujourd'hui que je suis un fainéant dans l'âme
certains de ceux qui me connaissent se demandent si ma santé
mentale... moi qui travaille aujourd'hui plutôt 8 jours sur 7...
mais ça c'est une autre histoire.
Ne rien faire avec mes trois enfants,
m'occuper d'eux et de la maisonnée m'allait bien, mais j'ai
vite compris que ces petites bêtes-là grandissant plus vite qu'un
pingouin ne descend de la banquise à la vue d'un banc de sardines,
j'ai bien senti que mon petit bonheur domestique finirait par
s'envoler en même temps que mes enfants allaient grandir. Être père
au foyer quand je serai grand n'était donc encore une fois qu'une
occupation d'intérimaire, certes pour un bon moment, mais sans avenir à
long terme.
Mais comme je n'ai jamais eu
l'inquiétude profonde, la question passait assez vite à chaque
fois que je me la posais, je n'allais quand même pas me gâcher
l'bonheur avec des questions qui ne me tomberaient dessus que quelques
années plus tard...
Et puis un jour, trois clics ont changé la
donne. Un clic pour ouvrir une page, un autre après avoir écrit
un drôle de titre et un dernier pour valider cette simple
question... Voulez-vous valider votre blog ?
Trois clics qui ont fait que peu à
peu, ce n'est pas venu du jour au lendemain bien loin s'en faut, qui
ont donc fait que la cuisine est devenue mon quotidien, ma passion,
mon métier... un drôle de métier.
Et recettes après recettes, articles
après articles, ici, chez moi, mais aussi chez d'autres, livres
après livres, j'ai enfin pensé que peut-être, peut-être, je
savais enfin ce que je voulais faire quand je serai grand, et c'est
simplement ce que je fais jour après jour, être auteur et
photographe culinaire !
Il était temps ,un peu plus j'aurais pu arriver à la retraite avant de... mais la retraite c'est aussi une autre histoire !
Vous pouvez bien sûr si vous le voulez
retrouver toutes les recettes présentes dans cet article en
cliquant simplement sur les photos...
Mais pourquoi, bon c'est pas tout ça
j'ai un truc sur le feu et un appareil photo qui chauffe...
est-ce que je vous raconte ça...




























