J'aime glaner les recettes, partout, tout le temps. Les recettes sont pour moi plus qu'une liste d'ingrédients et une manière de les assembler, ce sont autant de petites tranches de vie et d'histoires.
Il y beaucoup de recettes auxquelles j'aurais bien donné le nom d'un moment ou de celle qui me les a confiées plutôt que celle de l'ingrédient ou la manière de faire. Un petit ragoût d'bœuf attrapé à la caisse de mon Monop' aurait pu ainsi devenir Une soirée bourguignonne dans la queue d'un supermarché. L'émincé à la chinoise attrapé au vol dans un restaurant asiatique aurait pu s'appeler la pipelette chinoise en émincé. Et la mousse au chocolat de l'anesthésiste à qui j'ai eu le tord de dire que j'habitais à Maule, le pays du chocolat, devenir Une anesthésie délicieuse enchocolatée. Et tout ça parce que les recettes, ça se glane partout et toujours et qu'il est bien bien dommage d'oublier comment on les a attrapées.
La petite recette du jour pourrait s'appeler Sur une route irlandaise avec Elisabeth de Meurville. Puisque c'est au détour d'un virage irlandais qu'elle est venue s'inscrire dans mon carnet à idées.
Ce jour-là dans le car qui nous promenait à travers l'Irlande on parlait produits… forcément produits quand on discute avec la rédactrice du Guide des Gourmands. Et au détour d'une discussion sur la Saucisse de Paris d'Amédée Gamboa, la saucisse de ce charchutier au nom de héro de roman, voilà qu'elle enchaîne sur une drôle de recette de saucisse de Morteau.
Je fouille dans mon sac à la recherche de mon carnet à foutoir et à recette et d'un stylo, je trouve l'un, Elisabeth me tend l'autre en lâchant c'est à ça qu'on reconnait un journaliste ! taquin…
Et je note, je note comment la saucisse prend cette drôle de forme dans la poêle et comment le mélange coule dans ces coupelles et même comment elles sont dévorées… Elisabeth raconte et moi je note… Je note et j'essaye de me souvenir du reste, de ce qui d'après moi est le sel des recettes.Le problème des recettes c'est ce qu'on oublie, ce sont toutes ces choses qui font de l'on s'attache, les virages d'Irlande, les mots d'Elisabeth qui racontent bien plus que la recette, l'imagination qui voit déjà les tranches de saucisse se tortillant de plaisir… Et c'est peut-être pour ça que mes recettes ont souvent de bien curieux nom !
Sur une route irlandaise avec Elisabeth de Meurville
Ingrédients : 1 saucisse de Morteau – 50g de fromage râpé, du Comté c'est bien – 50cl de crème fraîche liquide entière – 1 œuf – poivre
Coupez la saucisse de Morteau en fines tranches 2 ou 3 mm environ, en faisant attention de bien laisser la peau entière sinon la recette ne va pas fonctionner.
Mélangez dans un bol le fromage, la crème et l'œuf.
Faites chauffer une poêle sur feu assez vif. Posez les tranches de saucisse sans trop les serrer, vous aller devoir faire plusieurs tournées.
La peau de la saucisse va se contracter en cuisant, du coup elle va se soulever et se transformer en coupelle comme sur la photo, donc ne les écrasez surtout pas !
Mélangez dans un bol le fromage râpé, la crème et l'œuf, poivrez et remplissez les petites coupelles en saucisse, soyez généreux même si un peu va tomber en court de cuisson.
Une fois tout ça rempli, posez les saucisses sur une grille et passez le tout sous un grill bien chaud juste le temps de gratiner.
Après vous n'avez plus qu'à essayer d'être le plus rapide… sinon il ne vous en restera plus !
Mais pourquoi, et dire qu'il y a eu beaucoup beaucoup de virages en Irlande… est-ce que je vous raconte ça…