Mon oncle de Pologne… dans la famille on a toujours
parlé de lui, un peu comme à l'époque je parlais de Mister Fantastique ou de Spiderman… comme quelqu'un de… on ne savait d'ailleurs pas très bien comment il était l'oncle de Pologne puisque personne ne l'avait plus vu depuis les années de la guerre, depuis plus de trente ans ! Il faut dire qu'après avoir longtemps crié ¡ No pasarán ! et s'être rendu compte qu'ils étaient passés, l'oncle était resté quelques temps par ici et comme ils étaient passés aussi, il avait continué sa route vers les pays du grand froid… Mon père s'était arrêté, lui avait continué. Et puis bien plus tard un mur s'était refermé et l'oncle de Pologne était resté derrière sans plus pouvoir venir de ce côté-ci. Du coup il était devenu une sorte de légende dont on ne faisait qu'imaginer les exploits ! Et puis un jour, à la mort de mon père, l'oncle est venu, il avait eu une permission de trois jours pour son frère et nous…
Et il est arrivé, et… C'est curieux quand je l'ai vu avec sa chemise à carreaux aux couleurs étranges, orange et ocre, son pantalon en tergal marron, sa vue basse derrière des lunettes en métal et son petit bedon, j'ai eu plus de mal à l'imaginer sauvant le monde en se jetant
d'immeuble en immeuble… mais il restait l'oncle de Pologne. Et puis il se promenait toujours avec un livre sur lui, LE livre où il était dessus… bon comme c'était dans une langue étrange, le polonais, on devait le croire sur parole quand il traduisait ses exploits, mais on le croyait...
Et puis, en peu de temps mon oncle m'avait fait découvrir Paris, un Paris que j'avais à porté de main mais que je n'avais jamais visité. La tour Eiffel et le Louvre, et tu veux manger un casse-croûte, et même le bateau mouche ! Tout, nous avons tout fait… en deux ou trois journées il m'a enivré de Paris comme je ne l'avais jamais été.
Et puis un de ces jours en rentrant il était juste l'heure du goûter et j'ai cherché mon pain et mon chocolat, mon quatre heures de toujours… dans la cuisine, dans la salle à manger… à la maison on n'imaginait pas changer une virgule à nos habitudes sans penser que le monde pourrait s'écrouler, alors pas de pain et ni de chocolat pour goûter… inimaginable ! Et en me voyant comme ça l'oncle intrigué m'a demandé ce qui m'arrivait… J'étais sauvé ! En lui disant je l'imaginais déjà faisant apparaître pain et chocolat comme par magie et quand il m'a dit je vais te préparer ce que l'on goûtait là-bas au fin fond de l'Espagne ton père et moi… il y a longtemps… Sauvé que j'étais !
Et puis prudent j'ai demandé, toi aussi tu mangeais du pain avec du chocolat… là, amusé il m'a répondu non là-bas on mangeait de la soupe à l'ail… sopa de ajo y pan précisa-t-il comme pour être sûr qu'il n'y ait pas le moindre doute ! Et puis il a pris le pain dur, l'ail, l'huile, l'eau et enfin un œuf, c'est ça qui change tout m'a-t-il dit… et pendant ce temps moi j'essayais de me concentrer de toutes mes forces pour devenir invisible… je me répétais dans ma tête tu dois le faire, tu dois… je fermais les yeux fort, fort… tu dois le faire… mais le fatidique, tiens tu peux manger est tombé… j'étais encore visible…
Et finalement en la goûtant, je l'ai aimée la sopa de ajo… pas à la première bouchée, ni la deuxième, entre avalées et recrachées, non les suivantes quand j'ai vraiment goûté et que j'ai découvert toutes les saveurs… et là j'ai compris que l'oncle de Pologne était vraiment quelqu'un, je ne savais pas très bien qui, mais c'était vraiment quelqu'un…

Alors quand j'ai vu le nouveau thème du concours de 750g.com je n'ai pas fait de la soupe à l'ail mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser à l'oncle de Pologne… Et comme ils font partie de cette édition, je me suis amusé avec Michel et Augustin… enfin avec leurs vaches et leurs sablés…
La vache et le caramel
Ingrédients : 2 vaches givrées au yaourt vanille et éclats de nougat Michel et Augustin (vous pouvez éventuellement les remplacer par 250ml de bonne glace à la vanille) – 11 Daims – 1 ½ càc de confiture de lait – 1 marteau
Ne déballez pas les Daims et commencez par les écrasez à coup de marteau, un coup ou deux pas plus, déballez ensuite les miettes et mettez les dans une assiette.
Epluchez les vaches en enlevant l'emballage. Coupez ensuite les vaches en quatre, rapidement et sans remords et mettez-les dans une assiette bien froide. Saupoudrez avec 10 daims et 1càc de confiture de lait et rapidement écrasez le tout à la fourchette en mélangeant bien. Il faut aller très rapidement et ne pas laisser la vache fondre. Mettez le tout dans un petit bol et saupoudrez avec la confiture et le daim restant mettez au congélateur 1 ou 2 heures. Mangez en pensant aux trains qui passent…
Crumble sablé craquant à la pêche
Ingrédients pour 4 : 3pêches – 4càc de confiture de mirabelle – 9 petits sablés au pavot et à la vanille Michel et Augustin - 50g de farine – 25g d'amandes effilées – 15g de flocons d'avoine – 50g de beurre mou – 50g de sucre roux - 4càc de crème fraîche
Coupez les pêches en quatre puis chaque quart en trois tranches. Mettez les morceaux dans un bol, versez dessus la confiture et mélangez. Réservez.
Ecrasez les sablés entre les doigts dans un petit saladier. Ajoutez la farine, les amandes et les flocons d'avoine, mélangez bien. Coupez le beurre en petit cube et mélangez encore du bout des doigts avec le reste jusqu'à obtenir un mélange sablé. Ajoutez le sucre et mélangez de nouveau.
Versez les pêches dans le fond des ramequins, choisissez-les assez large, et répartissez dessus le crumble sans tasser. Mettez à four préchauffé à 180° pendant une trentaine de minutes. Vous pouvez ensuite passez rapidement les crumbles sous le grill. Laissez ensuite tiédir et posez dessus 1càc de crème fraîche…
Mais pourquoi, je me demande bien ce qu'ils goûtent chez les autres… est-ce que je vous raconte ça…
PS : Pour répondre à vos questions les produits Michel et Augustin se trouvent principalement chez Monop... vous pouvez aussi aller faire un tour sur leur site, vous verrez qui sont les deux trublions !