jeudi 20 mai 2010

Après la Table d’Eugène je ne veux plus manger… plus jamais jamais... à moins que j’y retourne !

La table se trouvait là à peine la porte franchie. Stéphanie s’est assise d’abord et puis moi. J’ai toujours eu trop de jambes, trop de bras et pas assez de maitrise… mais je m’y suis habitué depuis le temps que je vis avec moi, je sais que je suis maladroit et que j’ai la grâce d’un pélican essayant de rentrer dans un coquetier, je fais avec...
Geoffroy est arrivé presque tout de suite. Il nous dit qu’il avait décidé pour nous ce que nous allions manger, il nous demande à peine notre accord, juste pour la forme, il sait bien que nous ne demandons que ça. Et comme si ça ne suffisait pas il rajoute, j’ai décidé de vous faire un menu autour de l’absinthe… Stéphanie dit bien sûr et moi aussi... Le ballet souriant d’Angélique et de l’équipe peut commencer.
L’absinthe est la boisson de biens des mythes, de toutes ces histoires où de moitiés fous montraient ce qu’il en coûte de trop la fréquenter. L’absinthe fascine autant qu’elle peut encore faire peur et pourtant on ne peut lui reprocher que d’envouter... Et dès que la fontaine à eau est en place sur la table commence le lent plic plac de l’eau sur sucre et du sucre sur l’absinthe. J’ai toujours aimé l’eau et ses plicoties.
Quand le premier plat arrive on a envie de le fouiller pour essayer de comprendre les tours du magicien. Le problème c’est que ce ne sont pas les ingrédients qui font la magie mais la main des cuisiniers. Du tartare de bar il ne reste très vite plus rien, et puis arrive le poisson.
Geoffroy a l’art du poisson, il suffit d’y poser sa fourchette pour comprendre à quel point la cuisson est maîtrisée et le poisson respecté. La fourchette s’enfonce, ramasse, vise la bouche et atteint directement le centre du plaisir. Geoffroy a l’art du poisson…
Et puis d’un coup tout bascule quand le plat suivant arrive, juste parce qu’un couvercle est soulevé, et là comme le diable qui sort de sa boîte les senteurs d’absinthe et de homard prennent le pouvoir à notre table et à quelques autres… Deux jolis homards sommeillent là dans leur petite cocotte et nos regards deviennent presque amoureux en les regardant, en les reniflant, en les espérant… Parce que je vois bien que Stéphanie se pose la même question que moi… comment va-t-on manger ça !!! Heureusement ils repartent en cuisine et reviennent dénudés et offert sur leurs plats.
Il a des choses que l’on peut raconter, parce que les mots vous viennent pour les dire et d’autres… Ma rencontre avec ce plat je ne peux pas la raconter avec des mots. J’avais presque envie de me cacher sous une serviette, comme certains mangent les ortolans parait-il, pour cacher mon plaisir qui m’a presque fait rougir de bonheur… Et quand j’ai regardé Stéphanie, j’ai compris que nous avions maintenant un secret en commun, il y avait un homard entre nous...
Après il n’y avait plus qu’à se laisser entrainer par les desserts et se perdre encore de plaisir dans les compositions de Geoffroy, une cuillérée après l’autre, tout doucement, pour que le plaisir ne s’arrête pas… jamais…
De toute manière, je l’avais déjà décidé depuis longtemps, presque depuis la première bouchée, j’avais décidé que plus jamais je ne mangerai après ce repas, plus jamais jamais… ou alors une autre fois à la table d’Eugène et uniquement là !
La table d’Eugène et sa souriante et talentueuse équipe vous attends au 18, rue Eugène Sue dans le 18e arrondissement et ne laissez pas trop attendre le plaisir… sinon je risque de prendre votre place !Et pour finir merci à toi Stéphanie de m’avoir fait découvrir ce petit bonheur d’endroit… on y retourne quand au fait ???

Mais pourquoi, et dire que je ne savais pas que le homard était l’ami de l’homme… et de son estomac… est-ce que je vous raconte ça…
Les photos illustrant cette article sont de Stéphanie Biteau

7 commentaires:

  1. Un repas autour de l'absinthe, c'est déjà original en soit. Mais quand en plus on voit les photos! Non c'est pas possible!!! Moi aussi je ne veux plus manger avant d'avoir tester ce restau!!!

    Bises

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  2. Trop joli, ce repas ! Tu nous donnes un peu plus de précisions sur le poisson et le dessert, histoire de nous faire saliver davantage !

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  3. Bonsoir Dorian,
    tres original ce repas, rien qu'à te lire on a l'impression d'y etre! merci pour cette découverte!
    bonne soirée,
    Mélanie

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  4. Je suis ravi que ça te plaise. Geoffroy et moi nous croyons dans la magie de l'absinthe et moi je suis convaincu du talent de geoffroy

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  5. Hummm j'essayerai bien ...
    J'adore aussi ta comparaison avec le pélican !

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  6. Vu chez Stéphanie, évidemment la cuisine est top mais ce qui me titille le plus c'est un repas à l'absinthe !

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  7. La dernière photo est très parlante... de ton humeur ;-)

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